My Broken Frame – Hors cadre

Après Chapell Hill enregistré en 2007 avec certains membres de Go Go Charlton, Guillaume Léglise revient avec l’EP Today accompagné d’Olivier Cavaillé (basse), Kim Giani (batterie) et Cléa Vincent (piano).
Au premier abord réservé, Guillaume Léglise se révèle assuré sur scène. Les mélodies sont là. La combinaison piano-guitare-voix chaleureuse (et batterie) est présente, pour une folk intime rythmée, légère (Today), parfois lente et mélancolique (Nineteen).
On ressent quelques influences musicales de Paul Simon, Antony and the Johnsons, Kings of Convenience, Tim Buckley et Gil Scott Heron, ou encore Mazzy Star… Les Inrockuptibles ont dit : « Rien de révolutionnaire dans cette pop pour jeunes filles en fleurs, juste les ingrédients essentiels pour la folk-song parfaite. » La magnifique chanson I Was There du précédent album est reprise en concert. On ne se lasse pas des va-et-vient entre ces deux disques qui se complètent. Guillaume Léglise a le talent de réussir à faire de chaque chanson un moment unique, avec un type d’émotions particulières y correspondant à chaque fois.
Rencontre au Pop In (Paris, 11e), une heure avant le début de la soirée Open-Mic dominicale.
Paulette : Alors, où ça en est My Broken Frame ?
Guillaume : On a sorti l’EP Today en avril. Il me reste encore trois chansons à écrire, et les sept autres morceaux à peaufiner et me voilà fin prêt pour sortir un album ! Désormais, nous sommes quatre sur scène.
A quel âge as-tu commencé la musique ?
J’ai appris le solfège à 6 ans, commencé le piano à 11 ans et la guitare à 17 ans. C’est là que j’ai commencé à composer et écrire des mélodies. Mes premières reprises ont été les chansons de Cat Power. Mais j’ai toujours voulu composer mes propres mélodies, et faire de la musique.
Raconte-moi un peu ton parcours de musicien pro.
J’étais étudiant quand j’ai commencé à jouer avec Go Go Charlton. Notre premier concert date d’octobre 2003 et notre dernier de novembre 2009. J’avais 28 ans quand on a arrêté. Ca nous a vraiment fait mal au cœur, mais il y avait pas mal de problèmes contractuels, on n’arrivait pas à trouver de second souffle pour un nouvel album, chacun évoluait différemment aussi. Il n’empêche que ce sont de supers amis. A la base, c’était une histoire de potes et de musique. Ca l’est resté.
J’ai toujours eu en parallèle My Broken Frame. D’ailleurs, ça a commencé ici, au Pop In. J’ai fait des Open Mics. Au début j’étais avec Olivier des Go Go Charlton. Puis, je me suis lancé seul. J’ai rencontré Erwan de Waterhouse Records. On est devenu potes, il aimait mon travail et a proposé de m’aider pour le premier album. L’EP a été produit avec le studio Sparkle. On a donc fait quatre morceaux ensemble. En fait, My Broken Frame a d’abord été publié sur une compil Do you speak English ? chez Naïve.
Pour ce qui est de mes autres formations, je joue de la guitare pour The Big Crunch Theory. C’est le projet de Lisa Li-Lund. Dans le groupe il y a trois filles : Lisa (voix et claviers), une à la basse et une autre à la batterie.

Qu’est-ce qui t’inspire ?
Je m’inspire de ma propre vie. De mes souvenirs, de mes rêves, de sensations, d’images. Et je crée des histoires autour.
Es-tu nostalgique ?
Oui. Je suis attaché à des souvenirs. Le nom de mon premier album vient de la ville de Chapell Hill en Caroline du Nord (USA) où ma mère a travaillé quand j’avais entre 7 et 9 ans. Mon père, mon frère et moi y étions allés pour les vacances quand ma mère travaillait là-bas. Ca m’a vraiment marqué. Pour autant, je me dis que le meilleur est à venir.
J’ai l’impression qu’il y a de fortes influences de Gil Scott Heron et Tim Buckley dans ta musique…
Je les considère comme les deux meilleurs chanteurs au monde ! J’ai vu Gil Scott Heron en 1989 avec mes parents, dans un club de jazz de Washington. Ca m’a beaucoup marqué. J’écoute de la musique noire autant que de la musique blanche. Je m’imprègne constamment du jazz, de la psyché ou de la musique indé. J’ai grandi en écoutant Crosby, Stills, Nash & Young et Coltrane, puis je me suis plongé dans le début des 70’s avec les Doors, Led Zep, et écouté les artistes des 90’s comme Mazzy Star, Stereolab, Cat Power, PJ Harvey et Portishead…
Avec qui rêves-tu de tourner ?
Wilco, un super groupe de rock de Chicago. Sufjan Stevens. John Mayer, qui fait du rock ou de « l’adult pop », comme disent les Américains.
Qu’écoutes-tu en ce moment ?
Le groupe de Toronto, Austra. J’ai joué avec eux une fois, en tournant avec The Big Crunch Theory à Metz. La nana chante trop bien. C’est de l’électro, new wave, cold wave comme j’aime. J’ai vraiment pris une claque en les voyant jouer live.
Dernière question : Où peut-on te voir jouer ?
En juin, My Broken Frame passe à Reims, puis Lyon et les alentours. On va au Chicho à Bordeaux en octobre. Il y aura une tournée parisienne d’ici l’automne. Avec The Big Crunch Theory on joue le 2 juillet au Café de la Danse. .
Je ne me sens pas bien quand je ne fais pas de scène. Un jour, j’ai donné trois concerts pendant la même journée. C’était un des meilleurs moments de ma vie. Après mon mariage bien sûr. (rires)
Article : Séphora Talmud
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